mardi 24 février 2015

Five

Avant de vous donner plus de nouvelles et revenir en détail sur ces mondiaux, vous pouvez retrouver mes impressions de course sur le site du quotidien L'Equipe, sur les pages de Nordic Magazine et France Télévision (en son et en images !). 

Partie avec le dossard 5, je termine à la 5ème place (photo : AFP)

Maintenant, l'objectif c'est le relais de jeudi avec Aurore, Célia et Coraline. Sur le sujet, sur l'esprit qui nous anime et nous fait avancer depuis quelques années ("Les Françaises qui s'appuient sur l'élan collectif parachevé aux JO de Sochi (4e du relais), ne font plus de complexes en individuel"), je vous invite également à lire le bel article de Jean-Pierre Bidet, publié ce matin dans l'Equipe.

Lundi, sur le ponton du lac de Framby Udde. Photo Nicolas Lattiau/ L'Equipe

A très bientôt pour la suite,

Anouk 

mardi 17 février 2015

Suède : deuxième semaine



Le suédois... je commence à adopter cette langue chantante en suivant les commentaires des mondiaux de skis alpin, les coupes du monde de biathlon ou les mondiaux juniors/moins de 23ans qui passent en boucle sur SVT (le TF1 suédois).

Tous les matins, je me réveille en mangeant mon porridge, mes oeufs au Kalles (pâte à tartiner à base d'oeufs de poissons) accompagnés de ma wasa.
La semaine dernière, nous avons visité tous les coins et recoins des pistes d'Asana et même salué Thomas Wassberg le grand (toujours affublé de sa fameuse barbe) du haut de sa dameuse et qui était aux petits soins avec l'équipe de France. J'ai pu contempler toutes ses breloques et médailles en formes de flocons, ses trophées et ses coupes, et même une cloche de la Transjurassienne 1987 !

En bref, nous avons effectué une bonne préparation sous le soleil du Jämtland en vue de la quinzaine qui arrive.

Le week-end dernier, je prenais part à la coupe du monde d'Ostersund, sur le 10 kilomètres skate individuel. La neige était rapide, les pistes sinueuses et quasiment en pleine ville. Après une bonne première partie de course, je perds quelques secondes et surtout quelques places sur la fin. Je suis un peu déçue de cette 28ème place, mais contente ma forme et du temps qui me sépare des meilleures. Je ne peux aussi me réjouir de la belle 14ème de Célia et du podium de Maurice.


Nous avons effectué notre transfert dimanche après midi dans la suède sauvage, entre les pins et les bouleaux, dans un paysage ponctué de nombreux lac et de quelques maisons peintes en rouge, en passant par  la ville de Mora (pour les nons skiophiles : c'est la ville d'arrivée de la Vasaloppet).


Ce matin : réveil dans ma troisième et dernière maison de ce périple suédois. Nous sommes en face des tremplins le long d'un lac gelé, ou les patineurs se succèdent tout au long de la journée. Il y a comme un petit air de Lac Saint-Point au mois de janvier....

Les mondiaux s'ouvrent jeudi 19 février par le sprint classique, mais je laisse ça aux spécialistes et commencerai pour ma part sur le skiathlon samedi.

Ädjo och vi ses snart

Anouk

mardi 3 février 2015

De retour de Russie


Je vous avais promis un long post… alors voilà. Ce n’est pas aussi long (et aussi bien écrit) que « Guerre et paix » mais si vous sautez des morceaux pour aller au bout, je ne vous en voudrai pas !

Je reviens d’une campagne de Russie satisfaisante, qui m’a aidé à gommer un début de saison compliqué. 15e du 10 kilomètre skate et 22e du skiathlon, pour ces retrouvailles avec le circuit Coupe du Monde, j’ai le sentiment d’avoir skié à mon niveau.

Le décor, l’ambiance, les marques de l’histoire… les bords de la Volga, c’est une immersion passionnante dans un autre monde. A Rybinsk, nous avons été confrontées à des conditions relativement fraiches (-18°C à notre arrivée) qui heureusement se sont réchauffées au fil des jours. Voici donc mon équipement au matin de mon premier entrainement à Rybinsk : eau bouillante dans la gourde, cagoule, bœuf, réchauffeur d’air, bonnet, straps sur les pommettes et sur le nez, sous collant, collant, sous pull, combinaison, veste sans manche, veste, chaussettes, chaussures, sur chaussures… autant dire qu’aucun centimètre carré de peau n’a dépassé ! Pour l’entrainement, j’étais bien. Par contre, quand il à fallu enlever les couches pour la course, ce fut un peu difficile.

Photo Laiho/ Nordic Focus

- le vendredi 23 janvier, le contre la montre skate, s’est disputé sur une neige un peu froide, mais glissante. J’ai eu la chance de me faire rattraper puis dépasser par Elizabeth Stephen et Stefanie Boehler, qui m'ont abrité du vent un temps puis se sont envolées pour monter sur un podium inédit, un peu moins rouge que depuis le début de cette saison.

- le dimanche 25 janvier, sur le skiathlon, mon départ en classique ne fut pas terrible. Et puis, sur une neige poussette, j’ai retrouvé des couleurs et grappillé des places au fil des tours. Sur la deuxième partie de la course, en skate, j’ai partagé mon effort avec ma copine Célia… et me suis faite griller sur la ligne d’arrivée par la petite jeune.

Après un long voyage retour (le même qu’à l’aller), j’ai pu me reposer quelques jours à Pontarlier et profiter d’une neige enfin abondante. J’ai skié le plus près possible de chez moi, entre la Malmaison et le Larmont. Il neigeait tellement, qu’après une heure de ski, la piste était déjà recouverte… je ne vais pas me plaindre, je replonge dans l’hiver avec un plaisir intact.

Depuis mi janvier et ma participation aux épreuves de la Coupe du France du Grand Bornand, je crois que je me sens de mieux en mieux et de plus en plus chez moi dans la vallée du Bouchet. J’ai fait à nouveau le trajet jusqu’au Grand Bornand le week-end dernier pour disputer la Bornandine, mon objectif étant de faire une belle intensité et de skier un peu long (sur 35 kilomètres).


Après avoir suivi les garçons pendant 15 kilomètres, nous avons pris les choses en main avec Aurélie Dabudyk (soit dit en passant : la nouvelle spécialiste française des longues distances, actuellement 2ème de la FIS Marathon Cup). Nous avons eu ensuite tout le loisir de nous expliquer sur la ligne d’arrivée. Et, j’ai pu prendre ma revanche de la Coupe du France de Morbier, où je m’étais faite battre au sprint par Aurélie.

Légende des neiges, quatre fois champion Olympique (et 7ème de la Transjurassienne 1986 !)

La suite… j’espère bien la passer le plus longtemps possible en Suède, tout le mois de février. Jeudi matin, nous partons en stage à Åsarna, sur les terres du grand club de Thomas Wassberg, Johan Olsson, Emma Wikén et Ida Ingemarsdotter. J’enchainerai par l’épreuve de Coupe du Monde d’Ostersund et j’espère ensuite par les mondiaux de Falun.

A bientôt, Anouk

mercredi 21 janvier 2015

Ciel d’hiver

Je distille mes mots comme le ciel laisse tomber ses flocons depuis le début de l’hiver… Donc, comme il neige depuis quelques jours, je peux vous en écrire un plus que ces dernières semaines.


Je viens de passer trois week-ends en compétition et de monter trois fois sur le podium ; sur le Samse national tour (à Morbier le 3 janvier et au Grand Bornand les 17 et 18 janvier) et en Coupe OPA (à Obserwiesenthal, le 10 janvier). Même si je n’étais pas alignée sur les circuits que j’espérais en ce début d’année, ces courses m’ont fait du bien pour la confiance. J’espère maintenant que la loi des séries va fonctionner un quatrième week-end de suite ;-)

Nous sommes arrivées aujourd’hui en Russie pour disputer l’étape de Coupe du Monde de Rybinsk. Le programme comprend notamment un 10 kilomètres skate le vendredi et un skiathlon le dimanche.

Moi qui me plaignais de ne pas avoir d’hiver cette année, je crois que je vais faire sa rencontre… Une température de – 20° Celcius est annoncée sur les horaires de courses ! Et, promis, je prendrai un peu plus de temps à mon retour de cette campagne de Russie pour vous donner quelques nouvelles.

See U

A*

lundi 29 décembre 2014

Les sapins enneigés



Cette année, j’ai passé un curieux noël : pas de cadeaux sous le sapin, pas de neige et, surtout, pas de sélection pour le Tour de ski. Après une préparation perturbée par le manque de neige et des changements de programme à répétition, j’avais le sentiment de doucement monter en puissance, de progresser avec le groupe et… patatras : coupée dans mon élan ! J’ai appris lundi dernier que je ne serais pas à Oberstdorf, au départ du Tour de Ski la semaine prochaine en Allemagne.

Oui, les résultats du début de saison ne correspondaient pas à ceux imaginés ce printemps, cet été et cet automne lors de toutes mes séances d'entrainement. Oui, il manquait toujours quelques secondes pour que la course soit belle. Oui, en ayant fait le choix de stage en hypoxie, je suis arrivée avec de précieuses séances de ski en moins par rapport à mes adversaires. Mais, au delà de mes places finales, je retiens plusieurs points positifs : depuis le début de la saison j'ai bien travaillé avec mes nouveaux skis Salomon et, à Davos, je n'oublie pas que j'ai skié vite les trois quart de la course.

Déçue de ne pas accompagner mes collègues, j'espère que l’équipe de France brillera sur cette épreuve.


Avec le retour de la neige, ma non sélection m’ouvre d’autres opportunités, toujours avec l’objectif des mondiaux de Falun.
La première est de pouvoir m’entrainer à domicile. Je ne me pose plus la question de savoir où est la neige : elle est devant ma porte.
La seconde est d’avoir maintenant un programme bien établi. Ainsi, je repasserai donc, dès le week end prochain, par la case Coupe de France, organisée par le Ski Club Morbier Bellefontaine, puis la par la case Coupe d’Europe, à Oberwiesenthal, les 9, 10 et 11 janvier. Et, si mes résultats suivent, ce programme devrait me permettre ensuite de retrouver le circuit Coupe du Monde.

Je vous souhaite une belle fin d’année et de belles sorties sur vos skis dans le « paradis du ski de fond ». Ce n’est pas moi qui le dis, mais le très sérieux New York Times, dans un article (The Jura Mountains, a Cross-Country Wonderland).

See U

A


Illustrations de l'écrivain aquarelliste alpiniste Samivel (1907-1992)


dimanche 14 décembre 2014

Y aura t il de la neige à noël ?


Je suis rentrée lundi de Lillehammer après avoir rapidement goûté aux joies de l’hiver scandinave. Même si mes résultats ne sont pas à la hauteur de mes attentes, la forme est là.

Depuis mon retour…. j’attends la neige. Alors, c’est quoi le quotidien d’une fondeuse qui attend la neige. Je pourrais consacrer mon temps à peaufiner ma commande au Père Noël, fignoler mon sapin, ou écouter « Tombe le neige »… mais bon tout ça, ce n’est pas trop le style de la maison.

Le dessin de la semaine de l'excellente revue La Salamandre,
La fin de l'automne, c'est un peu comme l'éternité... c'est long vers la fin
D’abord, je passe beaucoup de temps sur le site www.etatdespistes.com et sur différentes webcams de France, d'Italie ou de Suisse.
Ensuite, j’ai l’impression que ma voiture ressemble de plus en plus à un petit camping car. Elle est toujours prête à partir et moi je suis toujours prête à monter dedans, à l’affût de la moindre tache de neige, d’une boucle de deux kilomètres de piste damée. En fait, j’ai l’impression de mener une existence de nomade, d’intermittente du ski de fond !

Depuis longtemps, nous avions pris rendez vous pour nous retrouver le week-end prochain à la Clusaz et la météo en a décidé autrement… l’annulation de dernière minute me plonge à nouveau dans l’attente de la suite du programme.

J'avais pris la pause pour l'affiche de la Clusaz
Ce début de semaine, j’ai skié à Val Savarenche, dans le Val d’Aoste, en Italie. J’ai retrouvé les baskets une demi journée à Chamonix et ai enchainé par des séances dans la forêt du Massacre, hier au Marchaiuz. Souvent, ma séance finit à la frontale, entre glace, goudron, herbe et taupinières, mais je m’accroche pour tenir mon planning d’entrainement. C’est sûr que si j’avais choisi la natation ou le basket, cela aurait été plus simple. Mais pour rien au monde je ne changerais de sport !

La suite ? Je ne sais pas encore où je m’entrainerai demain. Et je me dis que, même si le réchauffement climatique perturbe tout, elle finira bien par revenir cette « poudraison miraculeuse tombée du ciel », pour reprendre l’expression d’un peintre pontissalien qui m’est cher.

A très bientôt, je reste connectée sur meteofrance.com


Et si cela skie du côté de chez nous n’hésitez à m’informer… j’arrive.

Anouk

lundi 1 décembre 2014

Forestale



Nous nous sommes envolées voici quinze jours du côté de Beitostolen (Norvège) pour d’abord pour retrouver la neige. Et ensuite, pour disputer des courses FIS de sélection.

J’ai l’impression que tout s’est passé très vite là bas. Le temps de nous installer, d’essayer les skis… les courses FIS étaient déjà là. Je termine 22ème du 10 classique le vendredi, 19ème du 10 skate le samedi. Je ne me reproche rien, la forme est là, mais je sens que je manque encore un peu de ski dans les jambes, je peux encore améliorer quelques points et monter en puissance.

Dimanche après midi, je ne savais encore où j’allais atterrir… une chose était sûre : entre les dernières courses Fis de Beitostolen et mon entrée sur le circuit Coupe du Monde le week end prochain à Lillehammer, je ne voulais pas perdre le contact avec la neige. Heureusement, en quelques heures et grâce au système D, mon horizon s’est éclairci.

Avec Robin Duvillard et Marion Buillet, Damien Tarantola, Clément Parisse et Vincent Vittoz nous avons effectué lundi un transfert depuis les paysages enneigés de Norvège jusqu’en Italie. Je me suis entrainée à Formazza, une vallée que j’avais connue en Coupe d’Europe voici quelques années, et qui est actuellement le seul endroit dans les Alpes du nord avec de la neige. Même s’il y a un peu moins de kilomètres qu’en Norvège, les pistes sont belles.

Photo Flavio Becchis - Dauphinordique
Là bas, le groupe national des sprinteurs, des moins de 23 et des juniors ont bien voulu me prendre sous son aile jusqu’à vendredi, avec l’aide du Comité du Massif Jurassien, aussi présent sur les lieux. Et l’équipe forestale (celle des gardes forestiers Italiens) s’est occupée de nos skis comme s’il s’agissait de ceux de leurs propres athlètes pour les courses du week-end.

C’est donc avec des skis de feu que j’ai pu disputer et gagner samedi le sprint skate de Riale, une course FIS organisée dans la vallée de Formazza. Mon problème sur ce genre course est de passer les qualifs (là je me classe 5ème). Après, au fil des tours, je m’amuse et la forme va en grandissant. Dimanche, sur les 10 kilomètres classique, je me classe 5ème, L'accroche était un peu juste, mais la forme bien là ! Bon, j’espère que l’entreprise « Lacroix Emballages » m’excusera, mais j’ai gardé le bonnet vert « Forestale » pour monter sur le podium, tant nous avons été aux petits soins avec cette équipe.

Photo Flavio Becchis - Dauphinordique
Je suis ravie de terminer ma préparation par un week end de compétitions. J'ai pu tester (avec succès) mes nouveaux skis Salomon, j’aborde la saison 2014/2015 bien calée. Je m’envole mercredi de Genève pour Lillehammer. Et pour moi là-bas… les choses vraiment sérieuses vont commencer.

A très bientôt pour la suite,

Anouk