mercredi 29 août 2018

Mathias

Je profite de ce moment de calme, en cette fin d’été, pour apporter mon grain de sel suite à l’article du Monde « Gagner ou pouponner : les sportives de haut niveau françaises ne veulent plus choisir ». Je trouve que l'article de Maud Obels, dans lequel sont notamment citées quelques unes de mes connaissances comme Marie Dorin-Habert ou Marie Martinod, cerne bien le problème auquel se confrontent les sportives de haut niveau avant, pendant et après une maternité.

Le rôle des coachs, des sponsors, des fédérations sportives est évoqué pour soutenir le retour sur le circuit des championnes après la naissance de leur bébé, mais je voudrais ici insister sur celui des papas, et pour moi, l'aide de Mathias qui est fondamentale.


La décision de poursuivre ma carrière, de continuer le sport de haut niveau, fut étroitement liée à une question d’organisation. Il s’agit d’un projet construit en partenariat avec mon entraineur, mes partenaires, mais aussi en étroite collaboration avec ma famille – mes parents, beaux-parents, amis - et surtout avec Mathias, le papa d'Even !

En choisissant cet amoureux, je n'imaginais pas le super papa qu'il allait devenir ! Tout en menant une activité professionnelle d’entraineur, il occupe pleinement son rôle de papa. Il m’a permis, se déplaçant avec nous, de m’entrainer dans les montagnes françaises et scandinaves, il m'a soutenu pour reprendre la compétition, retrouver la Coupe du Monde et participer aux derniers Jeux Olympiques, ce qui m'aide à m'épanouir en tant qu'athlète et en tant que maman.

Je profite de cette tribune pour faire ma déclaration. En plus d’être une oreille attentive à mes doutes, il m’encourage, m’aide et m’apporte au quotidien un soutien logistique essentiel. Sans lui, rien de possible ; ma treizième place à Pyeong Chang, je la lui dois.

Les anglais disent : "Behind every great man, there's a great woman » ; moi je dirais plutôt, « derrière chaque athlète féminine qui veut continuer sa carrière après la naissance de son enfant, il y a un homme qui gère et qui assure » !

A très bientôt, tout de bon,

A

samedi 21 juillet 2018

Échange linguistique et sportif

Après avoir tissé des liens avec des concurrentes étrangères ces derniers hivers et étés, cette année, j'ai eu la chance de recevoir quelques unes de ces amies.

En cette fin du mois de juin, c'est Sophie Caldwell, tout droit venue du Vermont et 3ème du classement général de la coupe du monde de sprint, qui m'a accompagné pour une petite dizaine de jours. 
Avec ma nouvelle teammate Salomon, nous avons sillonné les sentiers de Chamonix avec vue sur le Mont Blanc et la Mer De Glace. Puis, je lui ai fait découvrir mes meilleurs coins d'entrainement autour de Pontarlier. Et bien qu'elle ait adoré les paysages grandioses des Alpes, c'est dans le Haut Doubs qu'elle s'est sentie le mieux, car, comme à la maison!!! Les vaches et les montagnes du Jura se rapprochent des paysages des États Unis du Nord Est......




Cette dernière semaine, après le traditionnel 14 juillet fêté avec l'équipe militaire de ski à Chamonix, j'ai retrouvé Maria Gräfnings, vainqueur entre autre de la Transjurassienne, de la Tartu marathon, et de la Fossavatn. C'est d'ailleurs lors de cette dernière course, fin avril que je l'ai rencontrée. 
Cette fois c'est du coté de la Savoie à Peisey Nancroix, avec le team crédit Agricole Franche Comté, que nous avons partagé une semaine d'entraînement. Guidés par Alexandre Pouye, le local et nouvelle recrue du team, nous avons profité  au maximum du stage: dénivelés importants, beaux cols en ski roue, longues ballades dans les alpages jusqu'à la neige, quelques intensités et, pour moi, la découverte d'une vallée et de paysages inédits.





Avec ces amies/coéquipières venues de loin, c'est une belle opportunité, de m'entraîner avec des filles très rapides, de progresser en anglais et en suédois, de faire profiter à mon fils de ces nouvelles tatas attentionnées et, surtout, j'ai encore appris à connaitre ces deux filles formidables. 

So, see you soon or adjö !
Anouk

mardi 1 mai 2018

Fossavatn

Voilà,  la saison 2017/2018 est finie … et quelle saison !

Déjà et surtout l'enneigement exceptionnel m'aura permis de skier 6 mois ... 

Tout n'a pas été rose, j'ai connu quelques déceptions, notamment : 
- le 10 km skate des Jeux Olympiques que j'avais en tête depuis très longtemps et que je n'ai pu courir pleinement du fait de ma blessure 
- le retour prématuré de Corée sans avoir pu m'aligner sur le team sprint et le 30 km
- ma non sélection à Falun pour disputer la finale de la coupe du monde 
- la deception de ne pas monter sur le podium avec le massif jurassien lors du relais des Championnats de France. 

Je garderai pourtant de très beaux souvenirs en tête, et particulièrement le sentiment d'avoir réussi mon pari : participer à mes deuxièmes Jeux Olympiques (moins d'un an après la naissance d'Even), et y figurer à une belle place (13 ème au skiathlon pour l'ouverture). Je retiens également mes progrès en classique, comme quoi tout arrive ! Quand aux Championnats de France, je crois les avoir plutôt réussis.  

J’ai pu prolonger ce bel hiver avec deux dernières courses en Islande, dans la région les fjords de l'ouest, où la petite commune d'Ísafjörður accueille une des toutes dernière courses de la saison. Fraichement arrivée sur l'ile du nord, j'ai pris la 3 ème place du 25 km skate, et la 2 ème place de la course reine, le 50km classique. Mais 50 km, c’est long … Voir même très long … 



Faute de suivre le rythme imposé par Maria, je me suis retrouvée vite toute seule. J'ai donc pu accompagnée par le soleil, profiter de chaque kilomètre, de chaque moment de glisse, de chaque vue sur les fjords ou sur les plateaux blancs.  
Terminer la saison dans cette ambiance particulière et dans ces immensités enneigées, avec de la neige poudreuse de la veille, je ne pouvais rêver mieux.

Quant à l'ambiance, les rencontres, l'accueil des organisateurs : c'était super.
Mélanger une suissesse, une suédoise, une française, un italien, deux russes et un islandais, et voici la joyeuse équipe avec qui j’ai partagé ma dernière semaine de l’hiver. 
J'ai pu aussi vivre une semaine dans ce pays européen si singulier : conduite cinq heures dans la lande islandaise, plongeon dans les sources d’eau chaude pour récupérer de la course, découverte d'oiseaux marins et d'un banc de phoques se reposant sur les algues et tout ça en profitant des premieres longues journée d'ensoleillement.  

Cette fois, place un peu de repos, de vacances, avant de reprendre pour la saison prochaine.

Je vous laisse terminer avec quelques photos, à bientôt, et bon printemps, Anouk Tinousdottir.


à Reykjavik 
Reconnaissance ...
Récupération dans l'eau chaude
La haut en haut des fjords
Samedi matin
Le Podium du 50km : Maria, moi et Selina



mercredi 18 avril 2018

Super Aurore

J’étais un peu restée sur ma faim par rapport à la fin de la Coupe du Monde, un trente kilomètre skate à Oslo que je termine à une 27ème place éloignée de mes objectifs. Comme je voulais terminer de la meilleure des manières, je me suis préparée sur les pistes des Fourgs. Ainsi, j’ai pu enchaîner les trois week-ends de championnats de France à La Clusaz, à Prémanon et aux Saisies, avec des courses, voire des podiums, voire des victoires.

Je suis heureuse de mes deux titres accrochés en classique, sur l’individuel de La Clusaz et la mass start de Prémanon, car ils confirment les progrès réalisés dans ce style cette saison. La saison se termine en beauté avec un titre national en distance à l’Etoile des Saisies le 8 avril dernier.

à la Clusaz, avec Louise et Coline, photo Philippe Tichit
Mais voici les deux courses qui m’ont réjoui plus encore. D’abord, je pense au le relais des Clubs de La Clusaz. Je suis fière de partager ce titre avec Louise et Coline, mes camarades du Club des Skieurs Randonneurs Pontissaliens (CSRP), parce que pour moi cette course est peut-être la plus belle. Déjà, c’est une course très difficile à gagner - il faut que nous soyons les trois à notre meilleur niveau -. Et puis, il s’agit de la première épreuve nationale que j’ai disputée voici quelques années. Quand j’étais en catégorie minime ou cadette, le relais des clubs du championnat de France m’a permis de franchir les frontières de mon Jura, de découvrir d’autres pistes et de côtoyer des champions. Ce titre était une première pour moi et pour mon club, cela restera un beau souvenir. Et, cerise sur le gâteau, l’équipe des garçons du CSRP emmenée par notre Alexis national gagne en deuxième division.

Arrivée du sprint, les trois mamans
Ensuite, je pense au sprint de Prémanon, que je termine à la deuxième place derrière Aurore Jean. Lors de ces championnats de France, nous avons réalisé trois doublés avec Aurore, mais je crois que c’est cette course qui m’a le plus émue. J’ai pu apprécier, aux premières loges, la démonstration de force d'Aurore pour aller décrocher ce titre et je suis heureuse de la voir terminer de cette manière et d’avoir pu partager ses dernières courses.

Super Aurore

Photos marc Dreyer
Je sais que notre amitié perdurera au delà de notre vie sportive, mais je reste très émue. Depuis nos débuts en cadettes, je ne saurais dire combien de courses, de stages, d’entrainements, de joies, de moments plus durs, nous avons partagés. C’est une partie de nos vies, c’est une page qui se tourne. Et, depuis l’annonce de sa retraite, je mesure la chance que j’ai eu de skier avec Aurore, mon amie, mais aussi mine de rien l’un des plus beaux palmarès du fond français, avec 168 départs individuel en Coupe du monde depuis 2006, trois olympiades et deux podiums en 2013 en coupe du monde.

A bientôt Aurore. Et la saison n’est encore tout à fait terminée pour moi… alors je vous dis à bientôt !

Anouk

lundi 5 mars 2018

La même à la Mara

Je connais ce beau plateau suisse, pour m’y entrainer régulièrement, je connais le parcours de la course classique pour l’avoir remportée voici deux ans et maintenant je connais sa piste de skate. C’est toujours aussi beau et bien là bas, et on est bien accueilli. A quelques kilomètres de chez moi, et je me suis bien fait plaisir samedi matin en remportant les 25 kilomètres en skate. J’ai pu embrasser mon fils avant de partir le matin et être de retour à l’heure de la soupe à Pontarlier !

credit photo : ma tata et marraine Josette
La veille, mon entraineur m’avait fixé un objectif clair : remporter la course au scratch (le classement fille et garçon). Et, caramba, cela ne l’a pas fait… je m’octrois quand même le podium garçon avec une belle troisième place, et cela me satisfait pleinement. Je suis aussi heureuse de voir mes copine Céline Chopard-Lallier et Chloé Pellegreni remporter les courses classiques. Et, comme au bon vieux temps, j’ai eu le privilège de retrouver mon amie Perrine Blanc, deuxième du 25 kilomètre skate.

Cette intensité m’a fait du bien dans les jambes et mon claquage à ma jambe gauche est définitivement derrière moi. 25 kilomètres en skate, c’est une distance proche des 30 kilomètres skate de l’épreuve de Coupe du Monde du week-end prochain qui se disputera à Oslo. Ça tombe bien, je m’envole vendredi pour Oslo, pour y participer.

A très bientôt, tout de bon, Anouk

jeudi 1 mars 2018

A demain à la Mara

De retour des olympiades de Pyeongchang, j’ai pris le temps de reprendre mes esprits et surtout de me reposer, pour me remettre de la fatigue, du décalage horaire et de la cérémonie de retour des médaillés qui s’est déroulé à Grenoble lundi soir.

Un an après la naissance de mon fils, il a fallu tout reconstruire pour décrocher ma sélection pour ces Jeux Olympiques, et je suis fière du chemin parcouru. Il a fallu reconstruire mon corps, ma motivation pour retrouver le niveau mondial et participer à cette grande fête du sport. Je remercie tout ceux et celles qui m’ont accompagnée sur ce chemin du retour au plus haut niveau, ma famille, mon coach Arnaud Durand, mes amies et collègues de l’équipes, et surtout mon amoureux et mon fils.

Le 10 février, pour le skiathlon, ma première course des jeux, j’ai presque boudé mon plaisir. Je me sentais bien dans mes jambes, j’avais de bonnes sensations sur la piste, qui m’ont permis de produire un beau classique et skier une grande partie de la course au contact des meilleures ; si bien qu’à l’arrivée, j’étais presque déçue de ma place. Avec ma cinquième place aux mondiaux de Falun, en février 2015, je réalise la deuxième meilleure performance de ma carrière sur un grand rendez-vous international, je suis donc heureuse de ma performance, cela reste un top 15 et ma plus belle course de l’hiver.

Avec ma copine Masako (photo Maxppp - Jeon Heon-Kyun/EPA)
Tout ne pouvait aller mieux sur cette course… si bien que je me suis fait un claquage musculaire à l’ischio jambier gauche. Malgré les douleurs après course, j’ai eu du mal à m’avouer que je m’étais blessée, car cela contrariait mes plans olympiques. Et c’est donc diminuée, et forcément déçue du résultat, que j’ai réalisé mes courses suivantes. Pour le relais, nous aurions voulu faire quelque chose de beau, les trois maman et la nouvelle camarade Delphine qui s’est très bien intégrée au groupe, mais cela ne l’a pas fait.

Je suis donc rentrée à la maison en début de troisième semaine pour réaliser de nouveaux examens (une échographie) et me soigner. Après plusieurs jours d’arrêt et pas mal de séances de kiné, tout va mieux aujourd’hui.

Côté ambiance générale lors de ces jeux, je n’ai pas tellement profité des événements extra sportifs dans le village olympique, ni des paysages, car j’ai essayé de restée concentrée sur mes objectifs. Je retiens les bons moments passés avec l’équipe, mais aussi avec Ophélie David et Marie Martinod, ma copine (médaillée !) avec laquelle j’ai partagé ma chambre. Ce fut une olympiade riche de rencontres et expériences.

Avant une fin de saison intense et encore longue, je vais participer samedi matin à la Mara. L’objectif est de me remettre en jambes, de retrouver sensations et gout de l’effort, et puis de skier tout près de chez moi sur un plateau des Rasses que j’affectionne tout particulièrement.

Pour terminer, je voulais vous remercier tout particulièrement pour vos messages de soutien et les ondes positives que vous m’avez envoyées pendant cette quinzaine olympique.

Tout de bon, à très bientôt,

Anouk

vendredi 19 janvier 2018

Le bien des montagnes

Bon, voici quelques années que j’écris sur ce blog, et j’imagine que vous êtes habitués à ne pas lire de réactions à chaud…

C’est donc du Val d’Aoste que je vous écris aujourd’hui, plus précisément de Cogne. J’effectue ici un stage (inédit pour moi) avec l’équipe de France.

Je souhaite revenir en quelques mots sur ma course de dimanche. Pour résumer la course : je suis partie vite dès le premier tour et me suis fait reprendre par mes poursuivantes dans le deuxième. J’ai donc géré ma course, pour placer une accélération à trois kilomètres de l’arrivée, ce qui m’a permis de remporter ce marathon de Bessans, le premier depuis mon retour.

Photo Ski Chrono
C’est toujours un plaisir de skier en Maurienne. Pour moi Bessans, c’est un village à la fois éloigné et attirant. Là haut, au milieu des montagnes, je me sens bien. J’ai l’impression qu’il n’y a que moi, la nature et le ski. Cet environnement et ce grand air me donnent un sentiment de force et de sérénité.

J’avais déjà effectué des stages à Bessans, en été et en hiver, et j’étais contente de participer à son marathon. Comme chaque année, en milieu de saison de Coupe du Monde, je suis contente de participer à une longue distance (surtout dans de belles conditions comme dimanche) pour skier avec du monde, mais aussi pour produire un effort différent, prendre le temps de poser son ski, prendre le temps de réaliser un beau geste technique.

Tout cela dit, la saison n’est pas terminée… je poursuis donc ici, au pied du Grand Paradis, mon régime de ski, de nouvelle neige, d’altitude, de pattes et de rizotto avec mes camarade.

Des bises,

Anouk