dimanche 7 août 2016

L'été en pente douce

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Mes séances d'été se suivent et se ressemblent. A part un stage à Prémanon, je n’ai pas vraiment changé de latitude cet été, et encore moins d’hémisphère, comme l’an dernier. En voyant cette célèbre image de Robert Doisneau, j’ai eu l’idée de vous présenter mon matériel de la même manière, sans pour autant démonter mon vélo comme Jacques Tati.


Voici donc, sur une seule image, mes meilleurs amis de l’été… ou en tous cas ceux avec lesquels je passe le plus de temps en ce moment. Ce n’est pas la peine de vous les présenter, vous les reconnaitrez facilement. Et, quand il s’agit de se déplacer avec tout cet attirail, cela demande un peu d’organisation (et un bon break Peugeot).

Je décolle pour la Norvège jeudi prochain (le 11 août) et vous dis à très bientôt,

Bonne suite d’été, la bise,

A

mardi 12 juillet 2016

Summer

À pied, en ski roue, en vélo, nous avons sillonné, découvert et redécouvert le Haut Jura. Voici un petit aperçu en images de ces trois semaines de stage sous le soleil estival.
Un grand merci à mes coéquipières fougueuses et souriantes pour cette période de travail intense dans la joie et la bonne humeur. 
Je profite aussi de l'été retrouvé pour remercier ma graphiste, Marie Payot, toujours exceptionnelle et toujours préférée, pour les nouvelles couleurs de mon blog.

Séance de poussée au lac de l'Abbaye avec Léa
Gentiane jaune
Crêt de Chalam avec mon crew

Crêt de Chalam sous le soleil du Jura
Orchis grenouille
Prairie jurassienne
Road to New York

Vue sur la Suisse
Mont Sala
Eglantine
La Dôle avec Sara et Céline
Cascade du Bief de la Chaille 
Le lac des Rousses
Léa

Vélo entre les Frasses et le Risoux
Ancolie


vendredi 24 juin 2016

Reprise musclée

Après un mois d'avril rempli de ski (randonnée dans la vallée de Chamonix ou alpin sur les pistes de Tignes), j'ai prolongé mon hiver dans le froid et les floconades tardives des mois d'avril et de mai. J'avais donc bien mérité deux semaines sous le soleil exactement sur quelques iles paradisiaques de la mer de Chine.

Rentrée à la maison depuis plus d'un mois, j'ai bien du mal à mener de front la reprise de l'entrainement, la vie mondaine et la communication sur mon blog ou les réseaux sociaux. J'ai donc établi des priorités, et vous l'aurez compris, l'entrainement passe en premier, suivi de loin par la communication.


Voici donc quelques nouvelles (plus toutes fraiches pour certaines...) :

La reprise c'est faite pour moi avec mes collègues de l'Équipe de France militaire de ski. Nous avions rendez vous dans un lieu de France tenu secret, accueillis et encadrés par un régiment des Forces Spéciales de l'Armée de Terre. 

"Au delà du possible" voilà la devise qui nous aura poussé dans nos retranchements.
Tout au long de notre semaine d'immersion militaire j'aurai donc pu : me camoufler avec de la peinture noire jusque dans les oreilles,  faire une mission d'infiltration de nuit, apprendre des poèmes de Voltaire à 2 heures du matin sous un poncho, me battre avec Enora en utilisant la Technique d'Intervention Opérationnelle Rapprochée (en finissant quand même avec la lèvre ouverte et le coude démonté), m'essayer au tir au pistolet et à la mitraillette, découvrir un régiment des forces spéciales, marcher avec plus de la moitié de mon poids sur mes épaules, me faire mordre par un berger allemand les yeux injectés de sang (lui pas moi, moi j'avais plutôt les yeux injectés de larmes), redécouvrir mes collègues des autres disciplines hivernales, ne pas réussir à voir quelque chose avec mes lunettes à vision nocturne et finir par me laisser guider par les autres et la lumière des étoiles. Vous l'aurez donc compris la devise "Au delà du possible" aura donc bien pris tout son sens pour moi.

J'ai retrouvé depuis ce début de semaine, mon groupe d'entrainement au combien jeune, mais au combien fun, composé de Léa, Céline, Délphine et Coralie, et les chambres hypoxiques de Prémanon. Je dors pour les trois semaines à venir à l'altitude simulée de l'Aiguille des Grands Montets (3 295 mètres), mais avec la vue sur les sapins du Jura.
Nous gambadons dans les champs fleuris, verdoyants du Haut Jura avec le soleil et le beau temps qui nous accompagnent... ça commençait à faire longtemps!

La suite au prochain épisode, l'Anouk





mardi 12 avril 2016

Amateurs d’abîmes

Mercredi, départ bien trop tôt pour moi et pour profiter de ma première semaine de vacances. Le sac est rempli de matériel dont je ne sais même pas me servir. Après une descente, accompagnés par le vent, nous traversons le glacier d'Argentière. Le col du Chardonnet parait tellement raide... "on met les couteaux !"... Je serre les dents, je suis les skis devant moi, je monte en baissant la tête.
Un passage de col et nous voilà dans un autre monde, plus sauvage, et surtout moins venteux... Le soleil nous fait signe, la neige blanche nous appelle. Seuls au monde. Cette fois je sais pourquoi je suis là.

La fin de cette première journée est comme un rêve, des descentes sur une neige intacte, des petites ascensions qui n'en paraissent pas tant je veux voir les nouvelles montagnes qui s'élèveront derrière.

Entre Chamonix et Champex, photo J.P Tauvron
Entre Chamonix et Champex, photo J.P Tauvron
De Chamonix à Arolla, en passant du massif du Mont Blanc aux Alpes Valaisannes, j'ai découvert un autre ski, un autre effort. En dormant à Champex, aux cabanes de Prazfleuri, des Dix et des Vignettes, j'ai pris le temps de vivre, jouer aux cartes, savourer un plat de roesti et une bière, la première de la saison, je vous le jure, partager les dortoirs et les ronflements. En passant les moraines, en franchissant les cols, j'ai vu les Alpes comme rarement je les vois depuis nos fonds de vallées, j'ai parcouru des glaciers, entrevu des pics et des cimes. En enchainant descentes, montées et passages techniques, j’ai appris à me servir de mon nouveau matériel, à être plus rapide, des fois, à être plus attentive et prendre plus de confiance en moi.

Ce raid a fini de la même manière qu'il a commencé : rafales de vent et masques bien ajustés. Le vent a hurlé toute la nuit sur l'arrête de la cabane des Vignettes, l'accalmie n'est pas prévue pour tout de suite. Nous ne poursuivons pas, le voyage s’arrête là.

« Ce monde de rêve n'admet point, hélas ! les rêveurs. Il exige un sens aigu des réalités, une attention scrupuleuse et mesquine, car nulle part, peut-être, on y dresse autant d'embûches à nos carcasses »
Samivel. « L’amateur d’abîmes », 1971.

Ces quelques lignes évoquent cinq journées fantastiques passées en altitude avec l’Ecole Militaire de Haute Montagne (EMHM). Et, la dernière journée, en redescendant sur le glacier de Pièce, nos collègues de l’EMHM nous ont fait la surprise de nous remettre le Brevet d’alpinisme militaire. Avec Nelly, Paul et Marine, nous étions quatre sportifs de haut niveau engagés dans cette aventure. Et, symboliquement, les insignes correspondant à notre Brevet nous ont été remis par nos binômes et anges gardiens respectifs.

J’adresse donc un grand merci aux alpinistes de l’EMHM (j’aurais aussi intituler ce post « Hommes, cimes et Dieu », du titre d’un autre livre de Samivel) pour cette découverte de la haute montagne. En revanche, je n’ai toujours pas vu Zematt et le Cervin de près… sûr je reviendrai.

mardi 29 mars 2016

Rideau sur la saison

Ce week-end, à Méribel, j’ai décroché deux titres nationaux. Pour commencer sur le 10km skate mass start du samedi, et pour finir en relais le dimanche, avec le Massif Jurassien. Le plus beau fut sans doute ce dernier, obtenu avec Laurane Dreyer et Lucie Colin... toutes trois sur des skis Salomon.

Photo : Jérôme de Nordic Mag
Dire que j’ai du attendre de fêter mes trente ans (dont bientôt 15 ans de métier), pour  décrocher un premier titre de championne de France par équipe. Quel bonheur de terminer la saison par une course d’équipe (la seule disputée cette saison dans ce format que j’affectionne tant) et saluer ainsi le travail réalisé par le comité Jurassien.

Parmi les images sympathiques de ce week-end, je retiens notamment le sourire de mes coéquipières, le soleil, le monde, l’ambiance festive (qui me laisse penser que le nordique est devenu le sport le plus populaire de France), les yeux mouillés des entraineurs jurassiens, ou encore les bouquets de jonquilles reçus après la dernière course, comme la promesse du printemps qui arrive et d’un petit air de vacances.

Photo : Jérôme de Nordic Mag
Ce week-end a clôturé une saison remplie, forte en sensations, synonyme pour moi de régularité et de polyvalence. De quoi me donner plein de motivation et d’énergie pour la préparation estivale qui s’annonce. Pour vivre une nouvelle saison complète, aussi complète et enthousiasmante que celle que je viens de vivre.

Je vous remercie pour votre fidélité sur ce blog,

Et, pour l’heure, ce sont les vacances !

Tout de bon, Anouk

mardi 22 mars 2016

Longues distances


L'Engadine par Ferdinand Hodler, en 1907
Me voici de retour à la maison pour dresser un premier bilan de la parenthèse « longues distances » de ma saison. En Suisse, je décroche la première place en skate sur le marathon de l’Engadine. En Norvège, je me classe 9ème de la Birkebeiner, une course de 54 kilomètres en classique. J’ai réalisé deux itinérances, entre le col de Maloja et S-Chanf, entre Rena et Lillehammer, en Norvège. En Suisse, j’ai skié sur un parcours que je connaissais bien (il s’agissait de ma cinquième participation à l’Engadine), en Norvège, sur une piste que je découvrais.

A l'arrivée avec Roman Furger (photo site officiel Engadine)
Sur le marathon de l’Engadine, j’avais vraiment envie d’aller chercher une troisième paire de cornes de bouquetins (le trophée remis au vainqueur). Une rencontre fortuite avec Hervé Balland la veille de la course pendant mon footing, quelques mots échangés, quelques conseils distillés par ce fondeur qui m’a toujours inspirée, m’ont donnés la force et la motivation supplémentaires pour l’imiter. Je savais qu’il participait lui aussi à la course, je lui avais promis de le rejoindre dans le club des trois (des trois victoires !), je l’ai fait, malgré des conditions très venteuses. Et, gagner le sprint de nuit le vendredi soir, ce fut le gâteau sur la cerise.
J'espère revenir dans les Grison pour compléter ma collection de Steinböcke.


Sur la Birkebeiner, disputer une grande classique en style classique au milieu des équipes du circuit Visma Ski Classic et un sac de 3, 5 kilos (enfin plutôt 4, 5 kilos, car je n’ai pas bu beaucoup) sur le dos fut une expérience inédite. Avec le Team Crédit Agricole Franche-Comté Ski de Fond nous avons bien géré et bien tiré notre épingle du jeux. Et, pendant le week-end, l’homme de la situation fut Charlie, notre farteur. Un grand merci à lui.
Je suis contente d’être arrivée au bout de cette course, d’avoir skié sur l’itinéraire des deux braves qui, en 1206, ont sauvé le tout jeune Hakon Hakonsson, futur roi de Norvège, d’avoir pu lever les yeux quelques fois sur des paysages fantastiques.
Par contre, je suis moins contente d’avoir du m’élancer une centaine de mètres derrière les trente filles de la ligne « élite ». Cette course s’est donc résumée à une poursuite de 54 kilomètres. J’étais en forme et j’aurais bien aimé voir au moins une fois les huit premières. Cela sera pour une autre fois.

Je repars cette fin de semaine dans les Alpes pour un dernier week-end de courses. Je vous donne rendez vous à Méribel pour la deuxième partie des championnats de France, samedi pour une mass start skate (10 kilomètres) et le dimanche pour le relais des Comités.

A très bientôt donc,

Anouk

lundi 7 mars 2016

La Mara sous la neige

Hier matin j'ai pris le départ de la Mara, course de référence de longue distance sur le dernier plateau du Jura Suisse.

Je connais bien ces pistes et ces paysages pour y avoir fait un bon nombre de séances d'entrainement.
Mais hier le but était tout autre : boucler 42 kilomètres en classique, accompagnée d'une meute de coureurs... c'était pour moi une première ! 


Une neige tombante et presque incessante (mais je ne vais pas m'en plaindre) a rendu la course un peu plus difficile. La Mara ne m'a pas laissé beaucoup de répit. Pendant 2 heures 20, j'ai poussé sur mes bras et utilisé mes gambettes.
Après un bon départ, j'ai vite compris qu'il ne fallait pas trop laisser partir le groupe de tête des garçons, car ils me faisait la trace recouverte de flocons. Bien à l'abri du vent derrière eux, j'ai bénéficié de leur aide, avant de nous en retourner en voyant le creux du Van (je sais ça fait beaucoup de "ven", mais c'est comme ça). Après 30 kilomètres, le rythme est devenu trop soutenu pour moi. J'ai donc fini seule, le vent dans le nez, la faim au ventre, en voyant des petites étoiles en haut de chaque petit talus.

Ce marathon fut dur, long, mais qu'il fut beau. Je remercie donc les voisins Suisses pour leur accueil et les skieurs pour avoir été aux petits soins avec la fille du groupe. 

Le week-end prochain, je reste en Suisse, mais pour disputer le marathon de l'Engadin, une course en skating cette fois-ci et du coté des Alpes.

Et vive l'hiver... même quand il est un peu en retard, il est toujours le bienvenu.

A bientôt,

Anouk