mardi 11 novembre 2014

Entrainement sur les Monts Jura

Ombres sportives sur les Crêtes du Haut Jura
Logées à Prémanon, ou plutôt emprisonnées dans nos chambres hypoxiques (nous devions y rester 12 heures par jour, nuit comprise)... nous avons quand même bénéficié de quelques permissions de sortie pour nos entrainements.

Pas mécontente de quitter cet environnement confiné et clos, raréfié en oxygène, nous avons profité d'une semaine d'entraînement très ensoleillée dans le Haut Jura. VTT sur le Noirmont, montée de Chaumont ou des Bouchoux en ski à roulettes, intensités sur la piste des Tuffes... tous les classiques y sont passés ! 

Nous avons eu aussi le loisir de découvrir d'autres itinéraires.

Chaussées de nos baskets et accompagnées par les garçons nous avons fait une super traversée, du Sud vers le Nord, des Monts Jura. Nous avons transpiré entre Lélex et le sommet de la crête, puis rejoint le col de la Faucille au soleil couchant, en passant sous le Crêt de la Neige. Nous avons ainsi gambadé sur la haute chaine, tout en profitant d'une vue magnifique sur le Mont Blanc.

Notre itinéraire capturé par le GPS
Le groupe sans moi ( je prends la photo)
Vue sur le Mont Blanc
La semaine suivante, la pluie s'est invitée à Prémanon... mais fort heureusement elle s'est transformée en neige. Nous avons donc pu chausser les skis dans la forêt du Massacre. La neige a vite fondue... mais quel plaisir.

Après deux semaines à Prémanon, j'avais presque apprivoisé le ronron mécanique de l'extracteur d'oxygène de ma chambre, qui fait "pchiiiiit" toutes les 20 secondes, et me berce doucement pour trouver le sommeil. J'avais presque apprivoisé cette petite odeur particulière, car nous ne pouvons aérer et, après deux semaines de stage - même si je transpire très peu et que de toutes façons lorsque c'est le cas, ça dégage un peu comme une fine odeur de jasmin -, je vous laisse imaginer l'odeur de ma chambre de 8 mètres carrés...

Je m'envole lundi prochain pour les blancs pays et le début des hostilités !

A bientôt, 

********Anouk ********

lundi 20 octobre 2014

À l'est du nouveau !

Après la présentation des équipes de France à Paris lundi 6 octobre, et l'avant première du film de Marie Martinod "Au nom des miens", nous avons pris nos quartier d'automne à Ramsau, dans la pension Knaus.

Quand je ne suis pas chez moi, les gens me demandent souvent à mon retour : "alors, c'était bien les vacances en Autriche ?".

Et moi, je réponds : "Ah oui, c'était parfait !". Et c'est vrai... nous revenons toutes bronzées et réchauffées par le soleil d'automne qui brillait (presque) tous les matins sur le glacier autrichien. Nous revenons en pleine forme et avec la ligne après nos 4 à 5 heures de sport quotidiennes accompagnées par une nourriture saine et équilibrée cuisinée par Monika. Et, enfin, nous revenons la peau douce et reposée, après de longues séances de soins prodiguées quotidiennement par nos masseurs (pas thaïlandais mais très appliqués) et des moments de bien être dans l'espace jacuzzi, hammam et sauna de notre pension.



Bref, quand on m'interroge, je réponds donc sans hésiter que, la semaine prochaine, je suis prête à repartir en "vacances" dans les chambres hypoxiques de Prémanon... Et j'ajoute aussi que, de retour de stage sur le glacier de Ramsau, je suis aussi et surtout contente de laisser mon corps souffler un peu.

Car, 10 jours d'entrainement sur le glacier de Ramsau, ce sont peut être des "vacances", mais des vacances d'un genre un peu particulier. Car, même avec des masseurs expérimentés, les courbatures et les jambes lourdes commencent à se faire sentir après 10 jours de ski en altitude (à 2700 mètres) et quelques belles séances d'intensité en fin de semaine. Car, même si je m'endormais tous les soirs à 22 heures assommée de fatigue, je suis contente de ne plus entendre mon réveil sonner à 6 heures et demi tous les matin pour prendre la première benne, et skier avant que la neige ne se ramollisse, chauffée par le soleil d'un octobre trop brulant.


Mais le pire c'est que, quand je rentre chez moi pour une semaine, il arrive à des personne de me demander : "tu es un peu par ici en ce moment, en vacances à la maison ?". Et moi, je réponds : "oui, je profite encore un peu des vacances à la maison !". Si les "vacances", c'est s'entrainer tous les jours, profiter des couleurs d'automne entre une séance de musculation et un chrono en ski à roulette, je ne peux être que d'accord.

Pour terminer, je remercie vivement ma graphiste préférée, M. Payot pour le nouveau bandeau de mon blog aux couleurs des prochains mondiaux. Et je vous conseille aussi d'aller faire un petit tour sur sa page Facebook !

Take care

***************************Anouk********************************

samedi 27 septembre 2014

En route !



Vous le saviez déjà sans doute mais, parmi les outils essentiels d'une skieuse de fond, figure l'automobile. Je ne pourrais pas dire que ma voiture est ma seconde maison mais en pleine saison... pas loin.

Pour un entrainement optimal, il me faut une voiture résistante (je suis dehors par tous les temps), une voiture qui tienne bien sur les routes enneigées du haut Doubs et des Alpes (ce n'est pas que j'aille vite, mais autant que ça accroche), une voiture spacieuse (pour accueillir mes skis, mes bâtons, mes chaussures et mes nombreux sacs), une voiture confortable (pour prendre soin de mon dos et mes articulations) et une voiture chaude (pour ne pas attraper froid après les longues séances de ski). De préférence, il me faut aussi une voiture belle et bien sonorisée (pour écouter de la bonne musique).


Tout ça pour vous dire qu'à partir de cette semaine (et pour les deux saisons à venir), je me déplacerai avec une Peugeot 208, du garage Peugeot "Chopard Automobile" de Pontarlier. Non seulement cette voiture répond à tous les critères que je viens n'énumérer mais en plus : elle est issue d'une entreprise (la marque du lion) franc comtoise, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Un grand merci donc au garage Peugeot de Pontarlier pour sa confiance.

A


dimanche 21 septembre 2014

Retour d'Oberhof


Ça y est, c'est fait : j'ai retrouvé la neige ! Dans le tunnel allemand, j'ai chaussé mes nouveaux skis Salomon et renoué avec ces sensations de glisse sur neige tellement agréables, en comparaison aux roulements (et vibrations) sur le bitume.

Oberhof la brumeuse... je n'ai pas l'âme d'une poète pour décrire la forêt de Thüringen en septembre, tout comme d'ailleurs fin décembre pour l'ouverture du Tour de ski. Mais une chose est sûre, nous étions mieux dans le tunnel de 1, 5 kilomètres de Oberhof que dehors.


Je suis à la maison depuis jeudi et je poursuis mon programme d'entrainement automnal dans des conditions... estivales.

Take care !

Anouk

lundi 25 août 2014

La paroi verticale

Cette fois ci, j'ai décidé de vous épargner le compte rendu détaillé de mes états d'âme pendant le prologue et la poursuite des Championnats de France de ski roue qui se sont déroulés le week-end dernier aux Ménuires.
Une phrase, une seule, de Georges Livanos (1923-2004) pourrait à elle seule résumer mon sentiment pendant la montée : "la paroi (la pente, en ce qui me concerne), déjà verticale, se redressait encore...".

Dimanche matin, sur la ligne d'arrivée (photo Jérome de Nordic Mag)
Bref, après quelques jours de découverte du Beaufortain guidée par Marion Buillet, j'ai retrouvé mes collègues de l'équipe de France et tous les Comités pour les championnats de France de ski roue dans la station des Ménuires, en Savoie.

Après une deuxième place sur le prologue samedi, je n'ai pu résister aux attaques de Coraline et Aurélie dimanche sur la poursuite. La route n'arrêtait pas de se redresser ! Je termine néanmoins troisième, derrière Cora et Aurélie, suivie de près par la Célia, la cadette de notre groupe.

J'ai donc validé la première partie de mon entrainement estival pour rebondir sereinement vers l'automne et la deuxième partie de ma préparation. J'espère juste une chose : avoir un peu plus de soleil que cet été... Et pour le rendez vous avec la neige, il faudra juste attendre encore deux semaines pour le stage dans le tunnel de Oberhof.

Take care,

Anouk

lundi 18 août 2014

Chauxathlon 2014


Vendredi, à la Chaux de Gilley, j'ai encore passé un bel après midi en les gouttes. Avec Emilie Schemith nous avons disputé l'édition 2014 du Chauxathlon et remporté la victoire par équipe.

A très bientôt,

Anouk

vendredi 8 août 2014

Lysbotn opp

                                    

La Norvège des fjords, paysage idyllique… le décors du Blinkfestival a de quoi vous faire rêver. Pourtant, la semaine dernière, la montée sur les pentes du Lysbotn n'a rien eu d'une promenade touristique. Alors, pour que vous compreniez bien, je vais vous dévoiler (en exclusivité sur ce blog) ce qui s'est passé dans ma tête au cours des vingt neuf virages.

Premier virage, je pars fraiche comme un gardon avec en ligne de mire, les fesses de Kristin Stormer Steira et Liz Stephen, les vainqueurs du jours.
Deuxième virage, le rythme est soutenu, tout va bien.
Troisième virage, nous sommes dans le tunnel long d'un kilomètre, je n'y vois rien, je me guide uniquement au bruit des cannes sur le bitume.
Quatrième virage, enfin un halo au bout du tunnel.
Cinquième virage, le groupe de tête me lâche, je garde mon allure, c'est à la fin de la foire que l'on compte les bouses.
Sixième virage, Marine (Bolliet) me pose un sac… ouh là ça me fait encore plus mal aux jambes.
Septième virage, je pense au conseil de ma copine Aurore pour la montée finale du Tour de ski : "surtout ne lève la tête, ne regarde que tes chaussures".
Huitième virage, c'est trop raide, je passe en décalé… qu'est ce que je regrette la montée du Larmont que j'avale en un temps avec mes skis roue rapides.
Neuvième virage, je me concentre sur ma technique, plutôt que sur mes jambes qui piquent.
Dixième virage, au loin je vois le gruppetto qui passe le virage suivant… je comprends que je ne les reverrai pas.
Onzième virage, j'ai le malheur de regarder en haut et te voir ce qui me reste à faire… j'aurais du écouter Aurore.
Douzième virage, c'est décidé, je ne cours pas contre les autres, mais contre moi même pour battre mon propre record.
Treizième virage, je ne veux pas décevoir Aurore, je ne regarde pas en haut, mais en bas… j'ai déjà gravi quelque mètres de dénivelé. 
Quatorzième virage, mon pouls s'emballe, je veille à bien m'oxygéner sur chaque poussée.
Quinzième virage, j'évalue ma place au dessus : objectif top 30.
Seizième virage, je vois sur le haut de la route, en contre haut, un supporter en t-shirt rouge. Je me dis que quand je passerai devant lui… ça sera déjà pas mal. 
Dix-septième virage, juré je viendrai un jour en vacances ici, mais pas pour courir dans cette terrible ascension de Lysebotn fjord.
Dix-huitième virage, j'ai la gorge sèche à force d'hyper ventiler… pourquoi je n'ai pas pris ma gourde.
Dix- neuvième virage, l'année dernière, un mal de dos m'avait permis d'échapper à cette terrible montée. Je paierais cher pour revivre cela.
Vingtième virage, je suis devant le gars au t-shirt rouge : ça ne va pas mieux pour autant.
Vingt-unième virage, je passe devant la pancarte "2 kilomètres de l'arrivée"… quelle idée, quelle torture de nous infliger ça.
Vingt-deuxième virage, j'entends la sono de la ligne d'arrivée… les premières arrivent. Mon dieu qu'elles vont vite.
Vingt-troisième virage, je me demande si j'ai bien éteint le four en partant de chez moi.
Vingt-quatrième virage, je passe devant mon entraineur qui m'encourage d'un timide "allez, allez". Ouh là, ça ne semble pas la forme des grands jours.
Vingt-cinquième virage, mais un fjord, ça résulte de l'érosion d'un glacier ? En passant, ce satané  glacier n'aurait pas pu le creuser un peu moins profond.
Vingt-sixième virage, la Norvège, pays du ski de fond, pays des supporters du ski de fond, on se croirait dans l'étape de l'Alpe d'Huez au Tour de France.
Vingt-septième virage, la fin approche, le moral remonte, je replace un un temps conquérant pour rallier l'arrivée.
Vingt-huitième virage, qu'il fait chaud… je vois les névés accrochés au montagnes, je pense à la neige et me dis que je préfère skier l'hiver que rouler l'été.
Vingt-neuvième virage, je la vois cette arrivée… dans quelques secondes et mon agonie sera finie.

Ouf… vous comprendrez que si j'ai tardé à donner mes impressions de course, c'est qu'il fallait que je remette physiquement et mentalement de la Lysbotn opp.

à bientôt Anouk,
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