mercredi 14 septembre 2016

Evénement


Avec la saison qui s’annonce, s’ouvre un nouveau chapitre dans ma carrière de fondeuse mais aussi et surtout dans mon existence. Car, il faut que je vous l’annonce, ma méforme sur l’épreuve de skating à Trondheim n’avait rien de bizarre...

Charles Belle - L'oubli qui avance - Acrylique sur toile 203 x 203 cm
Au lieu de manger pour deux, comme il me l’est souvent conseillé depuis trois mois, je m’entraine pour deux ! Alors voilà, je suis enceinte et l’arrivée du bébé est prévue pour le mois de mars. Qu’est ce qu’il y a à part ça aujourd’hui ? Pas grand-chose, c’est le principal.

Aussi, avec quelques adaptations, je poursuis mon entrainement. Et, même si vous me verrez moins sur les courses cet hiver, je compte bien continuer à skier au plus haut niveau encore quelques années, et vous donne rendez vous pour l’hiver 2017/ 2018.

Des bises,

Anouk

mardi 6 septembre 2016

Terre Sainte

Après la Nouvelle Zélande l’été dernier avec l’équipe américaine, cette année j’ai mis le cap au Nord. Je suis partie m’entrainer en Norvège, un pays que je connaissais déjà un peu.

À Bymarka
A Trondheim, je me suis entrainée avec deux championnes : la fondeuse Anne Kjersti et la biathlète Tiril Eckhoff. J’ai été mise en relation avec ces deux championnes par les organisateurs de la Toppidrettsveka (pas facile à prononcer le norvégien!). J’ai donc pu perfectionner mon accent scandinave et surtout apprendre une technique d’entrainement estival typiquement norvégienne : le footing dans les tourbières ou dans les "myr" en norvégien dans le texte. Le désavantage c'est qu’on enfonce son pied, parfois sa jambes jusqu'à la mi-cuisse dans la terre humide et tourbeuse. Mais l’avantage, c’est que les pauses sont consacrées à la dégustation de framboises, de myrtille et des baies polaires soit les "bringebaer, blåbaer, multe".

La région d'Aure
Après une semaine dans la ville du nord, j’ai eu la chance de passer une autre semaine avec le team Telemark plus au sud. Nous étions un groupe international, avec une belle diversité d’âges et d’objectifs. Avec Karie, Silje et Marie, les trois filles du team, nous avons fait de belles séances de skie roue le long du fjord et, encore une fois, mouillé nos baskets dans les marais.

Le team Telemark
Après le footing du matin
Et j’en profite pour tordre le cou à une légende persistante : non les norvégiens ne sont pas des viking froids, austères et taiseux. Tous ont eu la volonté de bien m'accueillir, et je n’ai rencontré chez mes hôtes que gentillesse, pour partager leurs experiences, leurs entrainements mais aussi pour me faire découvrir les villes de Aure et Trondheim.

Mes deux semaines en Norvège se sont clôturées par quatre courses de ski roue. Bizarrement, je n’ai pas performé sur la longue distance en skating, alors que ce format était celui qui me correspondait le mieux. Par contre, je me suis bien amusée sur les deux city sprints, en classique et en skate. Et je ne suis pas prête d’oublier ma course dans le centre ville de Trondheim, avec 30 000 personnes sur le bord de la route. Je prends la 18ème place. Difficile d’imaginer que nous étions en plein Jeux Olympiques. Aucune autre actualité sportive n’aurait pu détourner les spectateurs norvégiens des courses de ski roue aux allure de Coupe du monde ! Pas de doute, nous étions bien en terre Sainte, en terre de ski de fond.

Trondheim downtown
Comme l’été semble jouer les prolongations, je poursuis mon entrainement estival dans des conditions agréables. Pour retrouver la neige et le tunnel de Oberhof, il faudra attendre la fin du mois… et pour l’instant, je ne suis pas pressée !

A très bientôt, tout de bon,

Anouk

dimanche 7 août 2016

L'été en pente douce

Mes séances d'été se suivent et se ressemblent. A part un stage à Prémanon, je n’ai pas vraiment changé de latitude cet été, et encore moins d’hémisphère, comme l’an dernier. En voyant cette célèbre image de Robert Doisneau, j’ai eu l’idée de vous présenter mon matériel de la même manière, sans pour autant démonter mon vélo comme Jacques Tati.


Voici donc, sur une seule image, mes meilleurs amis de l’été… ou en tous cas ceux avec lesquels je passe le plus de temps en ce moment. Ce n’est pas la peine de vous les présenter, vous les reconnaitrez facilement. Et, quand il s’agit de se déplacer avec tout cet attirail, cela demande un peu d’organisation (et un bon break Peugeot).

Je décolle pour la Norvège jeudi prochain (le 11 août) et vous dis à très bientôt,

Bonne suite d’été, la bise,

A

mardi 12 juillet 2016

Summer

À pied, en ski roue, en vélo, nous avons sillonné, découvert et redécouvert le Haut Jura. Voici un petit aperçu en images de ces trois semaines de stage sous le soleil estival.
Un grand merci à mes coéquipières fougueuses et souriantes pour cette période de travail intense dans la joie et la bonne humeur. 
Je profite aussi de l'été retrouvé pour remercier ma graphiste, Marie Payot, toujours exceptionnelle et toujours préférée, pour les nouvelles couleurs de mon blog.

Séance de poussée au lac de l'Abbaye avec Léa
Gentiane jaune
Crêt de Chalam avec mon crew

Crêt de Chalam sous le soleil du Jura
Orchis grenouille
Prairie jurassienne
Road to New York

Vue sur la Suisse
Mont Sala
Eglantine
La Dôle avec Sara et Céline
Cascade du Bief de la Chaille 
Le lac des Rousses
Léa

Vélo entre les Frasses et le Risoux
Ancolie


vendredi 24 juin 2016

Reprise musclée

Après un mois d'avril rempli de ski (randonnée dans la vallée de Chamonix ou alpin sur les pistes de Tignes), j'ai prolongé mon hiver dans le froid et les floconades tardives des mois d'avril et de mai. J'avais donc bien mérité deux semaines sous le soleil exactement sur quelques iles paradisiaques de la mer de Chine.

Rentrée à la maison depuis plus d'un mois, j'ai bien du mal à mener de front la reprise de l'entrainement, la vie mondaine et la communication sur mon blog ou les réseaux sociaux. J'ai donc établi des priorités, et vous l'aurez compris, l'entrainement passe en premier, suivi de loin par la communication.


Voici donc quelques nouvelles (plus toutes fraiches pour certaines...) :

La reprise c'est faite pour moi avec mes collègues de l'Équipe de France militaire de ski. Nous avions rendez vous dans un lieu de France tenu secret, accueillis et encadrés par un régiment des Forces Spéciales de l'Armée de Terre. 

"Au delà du possible" voilà la devise qui nous aura poussé dans nos retranchements.
Tout au long de notre semaine d'immersion militaire j'aurai donc pu : me camoufler avec de la peinture noire jusque dans les oreilles,  faire une mission d'infiltration de nuit, apprendre des poèmes de Voltaire à 2 heures du matin sous un poncho, me battre avec Enora en utilisant la Technique d'Intervention Opérationnelle Rapprochée (en finissant quand même avec la lèvre ouverte et le coude démonté), m'essayer au tir au pistolet et à la mitraillette, découvrir un régiment des forces spéciales, marcher avec plus de la moitié de mon poids sur mes épaules, me faire mordre par un berger allemand les yeux injectés de sang (lui pas moi, moi j'avais plutôt les yeux injectés de larmes), redécouvrir mes collègues des autres disciplines hivernales, ne pas réussir à voir quelque chose avec mes lunettes à vision nocturne et finir par me laisser guider par les autres et la lumière des étoiles. Vous l'aurez donc compris la devise "Au delà du possible" aura donc bien pris tout son sens pour moi.

J'ai retrouvé depuis ce début de semaine, mon groupe d'entrainement au combien jeune, mais au combien fun, composé de Léa, Céline, Délphine et Coralie, et les chambres hypoxiques de Prémanon. Je dors pour les trois semaines à venir à l'altitude simulée de l'Aiguille des Grands Montets (3 295 mètres), mais avec la vue sur les sapins du Jura.
Nous gambadons dans les champs fleuris, verdoyants du Haut Jura avec le soleil et le beau temps qui nous accompagnent... ça commençait à faire longtemps!

La suite au prochain épisode, l'Anouk





mardi 12 avril 2016

Amateurs d’abîmes

Mercredi, départ bien trop tôt pour moi et pour profiter de ma première semaine de vacances. Le sac est rempli de matériel dont je ne sais même pas me servir. Après une descente, accompagnés par le vent, nous traversons le glacier d'Argentière. Le col du Chardonnet parait tellement raide... "on met les couteaux !"... Je serre les dents, je suis les skis devant moi, je monte en baissant la tête.
Un passage de col et nous voilà dans un autre monde, plus sauvage, et surtout moins venteux... Le soleil nous fait signe, la neige blanche nous appelle. Seuls au monde. Cette fois je sais pourquoi je suis là.

La fin de cette première journée est comme un rêve, des descentes sur une neige intacte, des petites ascensions qui n'en paraissent pas tant je veux voir les nouvelles montagnes qui s'élèveront derrière.

Entre Chamonix et Champex, photo J.P Tauvron
Entre Chamonix et Champex, photo J.P Tauvron
De Chamonix à Arolla, en passant du massif du Mont Blanc aux Alpes Valaisannes, j'ai découvert un autre ski, un autre effort. En dormant à Champex, aux cabanes de Prazfleuri, des Dix et des Vignettes, j'ai pris le temps de vivre, jouer aux cartes, savourer un plat de roesti et une bière, la première de la saison, je vous le jure, partager les dortoirs et les ronflements. En passant les moraines, en franchissant les cols, j'ai vu les Alpes comme rarement je les vois depuis nos fonds de vallées, j'ai parcouru des glaciers, entrevu des pics et des cimes. En enchainant descentes, montées et passages techniques, j’ai appris à me servir de mon nouveau matériel, à être plus rapide, des fois, à être plus attentive et prendre plus de confiance en moi.

Ce raid a fini de la même manière qu'il a commencé : rafales de vent et masques bien ajustés. Le vent a hurlé toute la nuit sur l'arrête de la cabane des Vignettes, l'accalmie n'est pas prévue pour tout de suite. Nous ne poursuivons pas, le voyage s’arrête là.

« Ce monde de rêve n'admet point, hélas ! les rêveurs. Il exige un sens aigu des réalités, une attention scrupuleuse et mesquine, car nulle part, peut-être, on y dresse autant d'embûches à nos carcasses »
Samivel. « L’amateur d’abîmes », 1971.

Ces quelques lignes évoquent cinq journées fantastiques passées en altitude avec l’Ecole Militaire de Haute Montagne (EMHM). Et, la dernière journée, en redescendant sur le glacier de Pièce, nos collègues de l’EMHM nous ont fait la surprise de nous remettre le Brevet d’alpinisme militaire. Avec Nelly, Paul et Marine, nous étions quatre sportifs de haut niveau engagés dans cette aventure. Et, symboliquement, les insignes correspondant à notre Brevet nous ont été remis par nos binômes et anges gardiens respectifs.

J’adresse donc un grand merci aux alpinistes de l’EMHM (j’aurais aussi intituler ce post « Hommes, cimes et Dieu », du titre d’un autre livre de Samivel) pour cette découverte de la haute montagne. En revanche, je n’ai toujours pas vu Zematt et le Cervin de près… sûr je reviendrai.

mardi 29 mars 2016

Rideau sur la saison

Ce week-end, à Méribel, j’ai décroché deux titres nationaux. Pour commencer sur le 10km skate mass start du samedi, et pour finir en relais le dimanche, avec le Massif Jurassien. Le plus beau fut sans doute ce dernier, obtenu avec Laurane Dreyer et Lucie Colin... toutes trois sur des skis Salomon.

Photo : Jérôme de Nordic Mag
Dire que j’ai du attendre de fêter mes trente ans (dont bientôt 15 ans de métier), pour  décrocher un premier titre de championne de France par équipe. Quel bonheur de terminer la saison par une course d’équipe (la seule disputée cette saison dans ce format que j’affectionne tant) et saluer ainsi le travail réalisé par le comité Jurassien.

Parmi les images sympathiques de ce week-end, je retiens notamment le sourire de mes coéquipières, le soleil, le monde, l’ambiance festive (qui me laisse penser que le nordique est devenu le sport le plus populaire de France), les yeux mouillés des entraineurs jurassiens, ou encore les bouquets de jonquilles reçus après la dernière course, comme la promesse du printemps qui arrive et d’un petit air de vacances.

Photo : Jérôme de Nordic Mag
Ce week-end a clôturé une saison remplie, forte en sensations, synonyme pour moi de régularité et de polyvalence. De quoi me donner plein de motivation et d’énergie pour la préparation estivale qui s’annonce. Pour vivre une nouvelle saison complète, aussi complète et enthousiasmante que celle que je viens de vivre.

Je vous remercie pour votre fidélité sur ce blog,

Et, pour l’heure, ce sont les vacances !

Tout de bon, Anouk